Essai moto : Ducati Scrambler Desert Sled 2018

Et si, chez Ducati, ils avaient tout compris ? En ressortant la Scrambler, la marque italienne a su raccrocher son wagon au train des néo-rétros. Surfer sur la good vibe comme diraient certains barbus.

Mais ils ne se sont pas arrêtés là. Ils ont creusé plus loin en dérivant leur nouveauté en plusieurs versions visant différents publics. L’une d’entre elles, la Desert Sled, est destinée à ceux qui veulent une machine classe, même si couverte de boue. Une Scrambler encore plus Scrambler que la Scrambler. T’imagines ?!

La Desert Sled tire ses origines des machines des années 1960/1970 utilisées pour aller faire mumuse dans la pampa en Californie. Ça c’est que dit Ducati, moi, je dis qu’elle tire surtout ses origines de la version Urban Enduro de la Scrambler !

D’ailleurs, tu sais ce que ça veut dire Desert Sled ? Ça veut dire traineau du désert. Je n’ai pas tout compris.

Simplicité au goût du jour

Le mot d’ordre sur cette moto est « simplicité ». Pas de blabla, un guidon large, des pneus à crampons, et roule ma poule ! La Desert Sled tire sa base de la Scrambler standard, mais pousse le délire « trailster » (mon mot pour qualifier un mélange entre un trail et un roadster) beaucoup plus loin. Ça, c’était mon constat de base.

En réalité, on y retrouve de nombreuses pièces adaptées pour le tout-terrain : un garde-boue haut à l’avant, une grille de phare, des suspensions plus balaises (réglables) avec protections de fourche, des jantes à rayons, un bras oscillant revu, un cadre renforcé, une nouvelle selle, une garde au sol améliorée, un garde-boue arrière allongé, des pneus à crampons (Pirelli Scorpion Rally STR) et j’en passe ! Ah, et en cadeau : un échappement court à double sortie qui ressemble étrangement à un Termignoni.

Oui, finalement, il y a quand même pas mal de changements pour une « simple » déclinaison ! Mais ce n’est pas ça le plus fort. La magie opère quand tu poses ton postérieur sur la moto.

La position est droite et très naturelle, comme sur un trail mais sans la protection. On est en effort sur aucune partie du corps et on a même de la place pour les jambes. Par contre, on se demande vite si la selle est bien là. On a l’impression d’être assis sur le cadre au vu de la fermeté de cette dernière ! Tu peux prévoir un massage des fesses une fois passés les 100 km à son guidon ! Sinon, l’assise est un peu plus haute que la version standard (860 mm) mais j’ai les deux pieds à plat avec mon mètre 73. Et puis la moto est tellement bien équilibrée que je me sens comme sur un vélo (en carbone).

Le guidon est assez large et haut, on y retrouve tous les commodos standards, avec sur le côté gauche, deux boutons supplémentaires pour régler l’affichage du compteur décentré sans avoir à le toucher directement.

Plus dénudée qu’un verre de terre !

Il contient les informations de bases à savoir : la vitesse (si, vraiment), le kilométrage, l’heure, 2 trips (+ un trip une fois sur la réserve), la température ainsi que tous les voyants standards (huile, ABS, plein phare, réserve d’essence, la liste est longue…). Je suis juste un peu étonné que la marque italienne n’ait pas inclus de rapport engagé sur cette version, dommage !

C’est assez marrant, à son bord, on a vraiment l’impression que la moto n’a pas d’avant, on sent qu’on est sur une machine dénudée au possible, quel pied. Tu me diras, c’est le but du scrambler après tout !

Assez parlé de la statique, passons à la dynamique ! Alors, il faut savoir que d’après le site de Ducati, cette machine fait 2… Quoi ?! 209 kg ? J’ai un petit gabarit et pas spécialement de force (du tout). Je pensais qu’elle en faisait 30 de moins. Sérieux, je n’y crois toujours pas (Toi non plus tu ne me crois pas ? Franchement, je te comprends !). Elle est tellement maniable, on peut la replacer 3 fois sur 3 trajectoires différentes dans un seul virage. Elle est vraiment facile au possible et elle pardonne tout !

Les suspensions sont pensées pour le tout-terrain, mais pour autant, elles s’en tirent vraiment bien sur la route. J’avais un peu peur de la souplesse des machines destinées à aller tâter de la boue, et pourtant, je n’ai eu aucune surprise, rigueur et qualité sont au rendez-vous. Bien joué Ducati.

Pour le freinage, l’avant est top. Il a un bon mordant et un feeling très agréable ! De plus le levier de frein est réglable en profondeur. L’arrière par contre est un peu plus effacé, mais reste efficace, surtout sur les routes non goudronnées !

La commande d’embrayage, elle, n’est pas réglable. Par contre cette dernière est vachement souple pour du câble. Sinon, la boîte est dure, mais précise. On sent bien le passage des vitesses, ça évite les changements de rapport intempestifs pour ceux qui ont de grands pieds ! Je me demande même si ce n’est pas une volonté de la part de Ducati d’avoir une boîte plus dure ? C’est rare que je sente les passages de vitesse avec mes bottes de cross mais pour le coup, c’était plutôt agréable et rassurant.

Au niveau du moteur, on retrouve le bicylindre de 803cc refroidi par air de la Scrambler standard. Il est caractériel mais pas difficile. Finalement, je l’ai trouvé plutôt souple pour un moteur italien. Il est plus marrant sur le couple que sur la puissance. En bas, il est même super-expressif ! Il ne demande qu’à tracter, le bouillard ! Et le petit bonus : il ne consomme pas beaucoup ! On tourne aux alentours de 5.5 L pour cent kilomètres.

Petite note de caoutchouc et de carbone pour conclure mon essai routier : les pneus à crampon Pirelli Scorpion Rally STR, qui sont montés d’origine sur la Desert Sled, m’ont éberlué (étonné en hipster). J’ai eu de la route sèche et de la route vachement moins sèche : la moto n’a pas bougé de ses trajectoires ! Ils sont vraiment top pour des pneus mixtes, ils mettent en confiance et permettent de mettre de l’angle progressivement sans plonger et t’offrir une trace de freinage sous ton jeans en kevlar. Et accessoirement : Wow. Esthétiquement, ils en jettent sur la Scrambler.

La reine des chemins

La Desert Sled dans son environnement de prédilection

Pour le côté off-road, je me suis limité à des chemins. Pourquoi ? Parce que mon partenaire, qui me prête la moto, va lire cet essai et qu’il va probablement m’enterrer vivant si je la casse ! D’ailleurs, encore merci à Ducati Mulhouse pour le prêt !

Du coup, la Scrambler est d’une facilité déconcertante en chemin. J’ai pris des bourbiers que j’ai l’habitude de prendre avec mon trail, en y allant tout aussi rapidement avec une moto que je ne connais pas. Elle est agile comme pas possible ! On passe d’une ornière à l’autre juste en jetant un coup d’œil dans la bonne direction.

La position droite est une évidence sur la Desert Sled, je suis sûr qu’elle a été imaginée pour être utilisée comme ça. Avec le recul, je pense que la fermeté de la selle est fortement liée à ça, ils ont dû se dire « De toute façon, un mec qui achète ce modèle, il ne va donc pas s’asseoir ! » (en italien).

Le frein arrière est tellement dosable que j’avais l’impression que mon pied droit ne faisait qu’un avec lui, on se sent pousser des ailes et on a envie de plus. Et puis les pneus Rally STR aident vraiment à se sentir vite à l’aise. Pour résumer, on a une moto saine, à l’aise sur tous les terrains ! Que demande le peuple ?

Mon avis

CE LOOK, JE DIS OUI !

J’ai adoré cette Ducati. On a une machine facile et permissive qui est loin d’être ennuyante. Elle passe partout et donne des envies d’aventure. Et ce look. Fichtre. Elle me fait penser à une Yamaha XT500 revue au gout du jour : les jantes dorées, la silhouette toute fine, je suis fan ! Et puis la signature LED du phare est tout juste sublime.  

L’échappement de la Desert Sled ajoute une réelle plus-value à la moto. Le son est grave et pétant, vraiment le genre de sonorité que j’attends d’une machine typée scrambler (le type de moto, pas la Ducati).

Après elle n’est pas exempte de défaut. La selle dure (bien qu’elle puisse se changer de ce que j’ai compris) est un point noir sur un beau tableau. La boîte un peu dure aussi. Et puis rouler en hiver avec ce genre de machine exige un équipement chaud et complet, on est surexposé !

Mais finalement, je lui pardonne ses petits déboires sans la moindre difficulté. Il suffit de prendre de l’angle avec et on oublie tout ça ! C’est probablement une des machines les plus fun que j’ai eu l’occasion d’essayer ! Je crève d’envie d’aller au Glemseck 101 et de me pavaner avec. Et puis tant pis pour mon cul.

Stephane

Une Scrambler plus scrambler que la Scrambler !

La Desert Sled en quelques chiffres

Puissance max73 étalons italiens à 10000 tr/mn
Couple max6.9 mkg à 8500 tr/mn
Architecture moteurBicylindre
Contenance réservoir13.5 L
Poids207 kg prête à rouler (Je refuse d’y croire)
Hauteur de selle860 mm

Grazie Mille!

Merci à Ducati Mulhouse de m’avoir prêté la Desert Sled pour mon essai ! N’hésitez pas à y faire un tour ! Le magasin est plein de machines de rêve et le conseiller est super sympa ! (Un lien vers le site de la concession est disponible en cliquant sur l’image ci-dessus).

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