Essai moto : Aprilia Caponord 1200 2016

Un beau jour, après un mois d’octobre pas super facile au niveau de la météo, je me suis décidé à reprendre un trail. Tu connais le réflexe du motard qui s’ennuie et qui est bloqué dedans, tu vas sur un certain site d’annonce un peu orange, « juste pour voir ». Et deux semaines plus tard t’as 2 roues accrochées à une moto en plus dans ton garage.

Du coup je cherchais un trail aux alentours de 7000 euros d’occasion. Je te vois venir et m’hurler TRAAAAAAAAAAACER 900. Oui, mais non, j’avais envie d’un peu d’exotisme, surtout après avoir eu une XSR 900 qui partage la même base. Et là, je tombe sur LA pépite : Une Aprilia Caponord 1200, de 2015 avec 7000 km. Le pied ! Ça pourrait être ma première italienne, en plus tout y est : le pneu de 180 à l’arrière, un gros moteur… Aller j’achète !

Espèce en voie de disparition

Alors déjà quand tu dis à la majorité des motards « j’ai une Caponord », ils te regardent avec un air un peu particulier, en se disant il aurait au moins pu inventer un nom de moto crédible. Il faut savoir que ce n’est pas une moto qu’on croise des masses, Aprilia ne la commercialise plus et elle n’a, pour l’instant en tout cas, pas été remplacée par un autre modèle.

Elle devait concurrencer une certaine Multistrada, et franchement sur le papier elle était vraiment bien partie : un prix défiant toute concurrence, le gros moulin de la Dorsoduro 1200, lâchant 125 chevaux et 11.7 mkg, une gueule de RSV4 et un confort royal. Mais bon, le destin en à décidé autrement et elle s’est plutôt mal vendue pour le coup.

Cette Italienne était proposée en deux éditions au début de sa carrière : la version standard que je vous présente aujourd’hui, et la Travel Pack qui est équipée de valises et d’un système de suspensions pilotées qu’Aprilia à appeler ADD (qui d’ailleurs est très efficace apparemment).

Tronche de sportive, cœur de Supermotard

J’adore l’esthétique de cette moto, cet avant tout droit tiré de la sportive de la marque est vraiment sympa, la grande bulle ne le dénature même pas ! Au niveau du gabarit on retrouve une grosse machine avec un guidon bien large, un beau bébé dira-t-on. Au niveau de la hauteur de selle, c’est plutôt contenu, voir accessible, je touche avec bien 70 % de mes deux pieds avec mon 1m73. D’ailleurs malgré son gabarit, elle est excessivement simple à déplacer à l’arrêt, c’est assez impressionnant.

Au niveau de la position, on est tout droit, même pas un poil en avant. On a un guidon large et une selle vraiment très confortable ! C’est royal, c’est comme si on voyageait sur son canapé. Ce n’est clairement pas une moto fatigante, même sur les longs trajets.

Le compteur est plutôt sympa, dommage qu’ils n’ont pas conservé le style Aprilia comme sur la Tuono avec le compte-tour à aiguille et un écran digital. Ici, tout est numérique mais pour autant il ne manque que la température extérieure pour que cet écran soit vraiment complet. Mais le gros des infos y est : vitesse, compte-tour, rapport engagé, jauge à essence (un peu capricieuse), 2 trips, consommations moyenne, vitesse maximum, et j’en passe.

Pour ce qui est de l’équipement la moto n’est pas en reste, on va retrouver beaucoup d’éléments issus de la Dorso, un traction control réglable sur 3 niveaux, un ABS déconnectable, 3 cartographies (Touring, Sport et Rain) et surtout le moteur de cette dernière ! Et quel moteur.

Il est plein, partout. Même en Touring c’est impressionnant comme il pousse. En revanche le mélange gros moteur, caractère italien et graine de SM aboutit à une souplesse digne d’une religieuse en couvent. Les bas régimes représentent les portes de l’enfer, pour te dire du moment que je prends un rond-point aux ralentis, c’est en première. Une épingle ? En première. La troisième en ville ? Mais à quoi donc servirait la deuxième dans ce cas ?! Et il faut dire qu’il est un peu vorace, aux alentours de 7 litres au 100km sans attaquer !

Pour aller de pair, on a une commande d’embrayage qui te musclera l’avant-bras gauche en rien de temps, en revanche le contraste entre cette commande et la boite de vitesse est assez fou : La boite est d’une douceur exemplaire.

Bien sûr Aprilia n’a pas lésiné sur les moyens d’arrêter sa machine. On retrouve du gros Brembo, le feeling est tout simplement excellent et le mordant à l’avant est totalement en contradiction avec l’aspect Touring de la moto.

Enfin au niveau des suspensions, tout est entièrement réglable. Au niveau du feeling, je vais en parler un peu plus tard dans cet article.

L’habit ne fait pas le moine

Et c’est là que les choses se corsent. Pour bien te mettre dans l’ambiance, sache que je me suis mis par terre au premier virage à gauche. C’était rapide ce coup-ci ! La faute à des pneus fatigués, et une confiance un peu excessive. Pour autant, rien de grave, j’étais quasiment à l’arrêt : un carénage rayé et quelques bleus sur la jambe qui a eu la bonne idée d’amortir la moto ! C’est reparti !

Tu te doutes que niveau confiance je n’étais plus vraiment au top. Pour autant une fois les pneus changés, c’était beaucoup mieux ! D’ailleurs j’ai mis des Michelin Road 5 (non, je ne fais pas d’auto-promotion, c’est un truc de fourbe ça).

La moto est assez facile à emmener à basse vitesse du fait du grand guidon, c’est même simple de faire des demi-tours avec. Ce qui l’est moins à ces vitesses c’est le moteur qui se comporte comme un interrupteur ON / OFF. Ça reste gérable en se servant de l’embrayage mais on sent clairement que le cœur de la grande sœur SM n’est pas à son aise à ces vitesses.

Pour les hautes vitesses, grande fut ma surprise, elle n’aime pas être brusquée. Et c’est là que je me suis trompé en achetant cette moto. Et peut-être la raison pour laquelle elle ne s’est pas bien vendue d’ailleurs. J’ai voulu chercher un équivalent d’une Tracer 900, un trail oui, mais un trail sportif.

Attention, je ne dis pas qu’elle ne peut pas attaquer, je dis qu’elle a un feeling particulier qui ne conviendra pas à tout le monde. En regardant les modèles disponibles chez la marque au lion on peut facilement faire un raccourci et se dire c’est une Aprilia avant d’être un trail, donc elle attaque. Mais non.

C’est bien un trail routier avant d’être sportif, il est fait pour voyager. Et ça elle le fait magnifiquement bien, avec confort et même avec dynamisme si on le souhaite. Mais il ne faut pas oublier qu’il n’a pas été fait pour concurrencer la RSV4 et que du coup, on peut se faire surprendre.

Et cela est en grande partie lié aux suspensions. Elles font un travail exceptionnel quand il s’agit de filtrer les défauts de la route, mais les bégayent quand il s’agit de se tirer la bourre.

Mon avis

La Caponord n’est pas une mauvaise moto, je l’ai prise pour quelque chose qu’elle n’était pas en me basant sur l’image d’une marque dont je ne connaissais, finalement, pas grand-chose. D’ailleurs si on regarde la première Caponord (la 1000 ETV), on se rend compte qu’on est plus proche d’une Varadero que d’une Multistrada.

Est-ce qu’elle peut tenir la comparaison avec la Tracer ? Je pense que ça relève beaucoup de la personne à qui on pose la question. En termes de dynamique et d’arsouille, non clairement. En termes de trail à proprement parlé, oui carrément même.

Ce n’est pas une moto facile, au contraire. Entre le gros moteur qui veut t’envoyer dans la stratosphère les suspensions qui te disent d’y aller cool, il faut savoir faire preuve de sang-froid. Mais elle a des capacités de routière et une protection vraiment appréciable, si tu es du genre à te balader plus qu’attaquer, partir sur des longs voyages sans vouloir être fatigué à l’arrivé, la Caponord est un excellent choix.

La teigne italienne en quelques chiffres

Puissance max 125 chevaux à 8250 tr/min
Couple max11.7 mkg à 6800 tr/mn
Architecture moteurBicylindre
Contenance réservoir24 L
Poids214 kg à sec
Hauteur de selle840 mm

Stephane

Un canapé moelleux pour faire le tour du monde

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